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Jean Claude Mbwentchou, ministre de l’Habitat et du développement urbain a fait cette déclaration au cours du point de presse donné au siège de son département ministériel ce vendredi, 30 septembre 2016. C’est en rapport à la journée mondiale de l’habitat célébrée chaque "1er lundi du mois d’octobre".

« Le logement d’abord! ». C'est sur ce thème que se célèbre la journée mondiale de l’habitat édition 2016. Occasion pour le ministre camerounais de l’habitat et du développement urbain de faire une sortie médiatique pour présenter au public la situation de l’habitat au Cameroun. Selon l’ONU HABITAT, le monde entier accuse un déficit d’un milliard et demi de logements. Au Cameroun, ce déficit est d'un million. Pour Jean Claude Mbwentchou, le thème de cette année cadre justement avec l’ambition des pouvoirs publics de mettre à la disposition des citoyens des logements sociaux dignes de ce nom. C’est ce qui justifie la 1ère phase de construction de 10 mille logements sociaux à Yaoundé et à Douala et dans d’autres villes du pays. D’autres programmes sont en vue, car le Cameroun a fait appel à un organisme spécial de l’ONUHABITAT et qui travaille actuellement dans quatre communes du pays. Plusieurs étapes ont déjà d’ailleurs été franchies. Un plan d’occupation a été élaboré et il revient aux gestionnaires des villes, les Délégués du gouvernement et les Maires de lutter contre la création continue des bidonvilles. L’Etat du Cameroun, dans le cadre de la décentralisation alloue un budget chaque année aux collectivités territoriales décentralisées à cet effet. À cela s'ajoute la construction des cités municipales soit 1200 logements, la cité du cinquantenaire (500-1200 logements). La question de logements ne peut être définitivement résolue car, l’Etat ne saurait donner à tous et à chacun un toit. On parle bien de logement social, c'est à dire de logement conventionnel. Chaque individu étant d’abord appelé à bâtir sa maison. Le Cameroun n’a pas de "sans domicile fixe" a laissé entendre le ministre Jean Claude Mbwentchou. Ce qui est déjà à féliciter au regard de la situation qui prévaut dans certains pays d’Afrique et du monde en matière de logements. Le Cameroun à travers sa forte délégation, apportera son expertise dans le cadre de l’Habitat III, qui est la conférence des nations unies pour le logement et le développement urbain durable. Ladite conférence aura lieu en Equateur du 17 au 20 octobre 2016.
Dans la 2è phase réservée aux questions de journalistes, deux interrogations majeures ont retenu l’attention du ministre de l’habitat qu’assistait Issa Tchiroma Bakary ministre de la communication, porte parole du Gouvernement. La première sur les logements sociaux « donnés » à la direction de la sécurité présidentielle (DSP) et la seconde sur l’attribution de ces logements « aux plus nantis »
Sur le 1er point, le ministre Jean Claude Mbwentchou rappelle que les logements de la DSP n’ont pas été donnés mais achetés par la Présidence le la République pour ses éléments.
Au deuxième point, le ministre de l’habitat relève qu’ il n’y a aucune distinction entre riches et pauvres. Il suffit d’être fonctionnaire et de bénéficier des critères de sélection. "On peut bien donner une maison à un haut cadre et lui à son tour choisit de vivre à l’hôtel. Chacun devra accrocher son sac en fonction de la taille de son épaule. Pour un salaire de 50 mille francs, l’Etat ne saurait attribuer un logement social de 50 millions de francs à un fonctionnaire qui a un tel salaire mensuel" dixit Mbwentchou. A qui la faute ?

S'il est que l'opération vise le social, quel prix accordé à l'expression logement social si tant est vrai que malgré tous les avantages et extras dont bénéficie la DSP pour des raisons évidentes, par rapport aux fonctionnaires dont le nombre et le système de gestion de ceux-ci constituent au départ une discrimination sociale, si l'on s'en tient seulement sur le mode de gestion des enseignants. Et dire qu'ils s'apprêtent à célébrer cette injustice, le 5 octobre prochain.

Par Ateba Ebamba